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Mettre ses propres histoires sur la Lunii

J’ai deux enfants de deux et quatre ans. Et il y a quelques temps, mon grand avait reçu en cadeau une Lunii, la « fabrique à histoires ». C’est un boîtier non connecté, avec un écran minimaliste et une interface facile à prendre en main pour des enfants (un bouton à tourner sur le côté pour allumer et régler le volume, un gros bouton à tourner à gauche pour faire ses choix et un gros bouton à appuyer à droite pour valider).

J’étais un peu rétiscent avant d’en avoir une parce que j’avais l’impression que le côté « fabrique » d’histoires n’était qu’un bête remplacement de nom automatisé. Mais ce sont en fait de vraies histoires à embranchement à la manière des histoires dont vous êtes le héro. Le hic, c’est que pour avoir ces histoires, il faut passer par le Luniistore (une application/boutique à installer sur son ordinateur) et on est limité au catalogue proposé.

C’est d’autant plus dommage que le monde regorge de podcasts pour enfants gratuits. Et aussi que les enfants ont une imagination débordante et que ce serait bien rigolo de les enregistrer pour qu’ensuite ils puissent s’écouter sur la Lunii.

Il y a quelques mois, j’ai donc demandé sur Twitter si quelqu’un savait comment « hacker » une Lunii pour y mettre ses propres histoires. (Mes maigres recherches n’avaient rien donné.) Et c’est ainsi qu’on m’a dirigé vers STUdio (pour « Story Teller Unleashed »), une application Java disponible sur GitHub créée par Marian Muller. STUdio permet de créer ses propres packs d’histoires et de les charger sur sa Lunii.

C’est dans l’ensemble assez facile à prendre en main. Mais voici quand même un petit tutoriel des étapes que j’ai suivi pour démarrer sous macOS 10.14.

  1. Téléchargez et installez le Luniistore. (Ça permet à STUdio de récupérer les drivers de la Lunii.)
  2. Téléchargez et Installez le JDK. (Nécessaire pour faire tourner STUdio.)
  3. Téléchargez et dézippez l’archive de STUdio.
  4. Dans le dossier de STUdio, ouvrez le fichier studio-macos.sh.

    La première fois, vous devrez surement faire un clic droit, Ouvrir avec, sélectionner Autre…, rechercher Terminal puis cocher Toujours ouvrir avec avant de valider pour être tranquille les fois suivantes. (À noter qu’il y a un petit bug actuellement qui empêche le script de se lancer depuis un autre dossier que celui de STUdio. J’ai fait une PR pour ça. En attendant, il faut donc passer par un terminal, aller dans le dossier de STUdio et exécuter le script studio-macos.sh.)

    $ cd ~/Applications/studio-web-ui-0.1.11
    $ ./studio-macos.sh

    Capture d'écran du terminal une fois que tout s'est bien passé.

    Si tout se passe bien, vous aurez plusieurs messages d’info dans le terminal et vous pourrez maintenant lancer STUdio dans votre navigateur.

  5. Allez à l’adresse http://localhost:8080 dans votre navigateur Web.

Vous avez désormais accès à l’interface de STUdio. L’écran d’accueil permet de visualiser sa bibliothèque et de glisser de nouvelles histoires (à droite) vers la Lunii (à gauche).

Capture d'écran de l'accueil de STUdio

L’icône d’édition en haut à droite permet d’accéder à l’éditeur pour créer de nouvelles histoires. L’utilisation est relativement intuitive. On relie différents noeuds (noeud de départ, noeud de menu, noeud d’histoire) qu’on accompagne d’un son et d’une image.

Capture d'écran de l'éditeur de STUdio. On voit un diagramme avec différents noeuds représentants les étapes de l'histoire.

L’éditeur inclut aussi un simulateur accessible depuis l’icône d’aperçu (l’oeil) de chaque noeud.

Capture d'écran du simulateur de Lunii

Voici quelques petits retours supplémentaires sur l’utilisation de STUdio :

  • J’avais fait un exemple simple avec juste un noeud de départ et directement un noeud d’histoire. Mais apparemment, ça « casse » le fonctionnement du bouton retour de la Lunii (obligeant de l’éteindre et la rallumer pour revenir au choix de pack d’histoire). Je n’ai plus eu ce problème en rajoutant un noeud de menu intermédiaire.
  • J’avais lu dans la documentation que les fichiers audio étaient convertis en .wav mono. J’avais du coup essayé de les exporter comme ça avec Audacity. Mais j’avais du faire n’importe quoi parce que le fichier de quelques secondes durait plusieurs heures une fois dans STUdio. Au final, je trouve que le plus simple reste d’avoir ses fichiers en mp3 et de laisser STUdio faire la conversion.
  • J’ai enregistré mes premières histoires avec Quicktime qui du coup enregistrait forcément en m4a, non supporté par Audacity. J’ai alors utilisé ffmpeg en ligne de commande pour le convertir en mp3 avec la commande : ffmpeg -i input.m4a output.mp3.
  • Le son une fois sur la Lunii est assez faiblard. Donc il ne faut pas hésiter à monter le gain sur ses enregistrements.

Je suis vraiment enchanté de la qualité de STUdio et des possibilités que ça ouvre. (N’hésitez pas à dire merci à son créateur, ça fait toujours plaisir.) Mes enfants adorent les premières histoires qu’on a enregistré. (J’ai partagé sur Twitter un petit extrait vidéo si vous voulez voir ce que ça donne.)

Mon emballement me donnait presque envie d’aller encore plus loin et de réfléchir à un endroit où on pourrait chacun partager nos histoires gratuites. Mais un message de Marian Muller sur Twitter, le créateur de STUdio, m’a fait changé d’avis. À la question « Tu n’aurais pas une luniithèque gratuite par hasard ? », il répond :

Ce n’est pas l’objet de ce projet, qui vise (au delà de satisfaire ma curiosité) à permettre d’autres usages pour le Lunii. Le gros du travail a été de comprendre le format des histoires et de créer un éditeur capable de générer un pack d’histoires lisible sur le Lunii. Si j’avais voulu « partager » un pack d’histoires, il m’aurait suffit d’utiliser la lib java du Luniistore pour l’extraire et le retransférer.

Pour être parfaitement clair, j’encourage à ne pas partager les packs d’histoires qui pourraient être extraits avec @STUdio_OSS (ou sans d’ailleurs). Même si les histoires peuvent paraître (relativement) chères, ça permet aussi de soutenir l’équipe Lunii.

Alors soyons responsables et essayons de ne pas tout gâcher. Racontons de belles histoires mais gardons les pour nous.

troisdoublev – Épisode 1 – Le Web

troisdoublev - Épisode 1 - Le Web

Voilà. Ça y est. J’ai enfin sorti une première vidéo sur Youtube. J’en parle ici depuis au moins 2016.

troisdoublev est une série de vidéos sur le Web qui parle du Web. La vision que j’ai, c’est de pouvoir montrer ça à quelqu’un qui veut travailler dans le Web (quelque soit sa branche) et de pouvoir cerner les concepts importants en quelques minutes. (J’avais en tête de faire des vidéos de cinq minutes. Bon, j’ai un peu dépassé pour la première.)

Alors on me demande déjà quand sort la prochaine. Cette vidéo m’a demandé entre 80 et 100 heures de travail. (Dont une à deux journées de formation à Adobe Premiere, et plein d’erreurs de débutants qui m’ont demandé de réenregistrer plein de passages plusieurs fois.) Pour bien faire, il faudrait que j’arrive à faire une vidéo en 15 à 20 heures. Si j’arrive à sortir une vidéo tous les deux mois, je pense que ce sera déjà super. Mais j’ai envie de continuer à faire de manière publique et transparente, donc vous pouvez suivre mes avancées sur GitHub.

Pour les allergiques à Youtube (vous avez raison), je prévois de mettre à disposition mes vidéos en téléchargement direct sur mon propre domaine (en HD et en SD).

PS : Oui, ma vidéo s’est faite strikée par le Comité International Olympique à peine uploadée. L’intégration ci-dessus ne fonctionne donc pas et il faudra aller sur Youtube pour lire la vidéo.

En 2019, j’ai fait ça.

Suivant mes rétrospectives de 2016, 2017 et 2018, voici le temps de faire le temps sur l’année écoulée. En 2019, j’ai fait ça.

1 article en français

2 articles en anglais

2 conférences

Cette dernière était je crois le plus haut point de mon année. Et je suis éternellement reconnaissant envers Vitaly Friedman de m’avoir invité au sein de la famille de Smashing Magazine.

Je ne crois que je n’oublierais jamais ce qu’il m’a dit à peine descendu de scène, une fois ma conférence terminée. « Il faut que je te fasse venir aux États-Unis. » C’est donc avec une excitation immense que je serais en 2020 à Austin et New York.

Un des trucs dont je suis particulièrement satisfait aussi, c’est de m’être enregistré pendant l’une de mes répétitions (voix et écran) et d’avoir diffusé la vidéo sur Youtube au même moment que mon passage sur scène. Ça ne m’a pas demandé énormément de travail en plus (à part pour les sous-titres que j’ai fait dans un second temps), c’était amusant à faire (à part pour les sous-titres que j’ai fait dans un second temps) et c’était super d’avoir des retours de personnes non présentes. Je le referais à nouveau sans hésitation.

Ce que je n’ai pas fait

  • Écrire un livre sur l’intégration d’e-mails.
  • Faire une chaîne Youtube pour parler du Web. Je suis vraiment déçu d’avoir raté les 30 ans du Web. J’avais pourtant réussi à me dégager du temps pour ça en début d’année. Malheureusement, pas assez. Mais je suis assez confiant maintenant pour dire que ça devrait bientôt arriver.

Et aussi…

  • 2 formations
  • 24 jours de web
  • Email Coding Guidelines. Ça faisait un moment que je mettais de côté des bonnes pratiques d’intégration sans vraiment savoir comment les publier. Une série d’articles ? Garder ça pour le livre ? Finalement, un dépôt GitHub s’est avéré être la meilleure solution pour pérenniser ce contenu et pouvoir le mettre à jour.
  • Mettre à jour le site de ma boîte. Ce projet mériterait à lui seul une conférence ou une série d’articles. Mais qu’est-ce que ça fait plaisir d’avoir enfin sorti ça.
  • caniemail.com. J’ai commencé à travailler sérieusement dessus à partir de mars, en me disant que si jamais je n’arrive pas à lancer ça avant 2020, alors c’est que le projet ne sera jamais. Ça a été un bon leitmotiv et les retours lors du lancement ont été assez incroyables. Là aussi, je crois qu’une conférence pour raconter tout ça pourrait être un bon sujet.

Modern-Day Dialup

Je n’ai jamais trop compris le besoin d’avoir de la 4G dans un ordinateur portable. Mais cette explication de Marco Arment dans le dernier ATP m’a convaincu (à 54:10).

On est tous suffisamment vieux pour avoir été là quand le haut débit est arrivé. Et, plus important encore, pour avoir été là avant que le haut débit n’arrive. Et l’un des gros changements qui arriva quand on passait du bas débit au haut débit… Oui, ça allait plus vite. Mais vous étiez aussi toujours connecté. Vous étiez simplement toujours en ligne. Votre ordinateur était toujours connecté. En opposition avec le fait de devoir d’aller quelque part dans votre barre de menus ou peu importe, de dire « Connectez moi à Internet s’il vous plaît », d’attendre quelques secondes et enfin d’être connecté.

C’est exactement ce qu’est le « tethering ». C’est littéralement exactement ça. En gros vous ne faites qu’une version moderne du bas débit. Vous devez aller dans votre menu. Ensuite vous allez sur le truc et dites « Connectez mon téléphone s’il vous plaît ». Et vous attendez quelques secondes. Et ensuite vous y êtes. C’est totalement différent du fait d’être au beau milieu de n’importe où, de sortir son iPad ou son iPhone avec une connexion cellulaire et de juste être en ligne. Vous sortez votre téléphone et il est en ligne. Aussi simple que ça. C’est une façon complètement différente de fonctionner. Et c’est pour ça que je veux ça aussi sur un Macbook.

Slow down

Sacha Baron Cohen (Borat, Ali G, …) dans un discours remarquable contre « la haine, le racisme et le fanatisme » (à 18:54) :

Voici une autre bonne pratique : ralentissez. Chaque publication n’a pas besoin d’être publiée immédiatement.

Oscar Wilde a dit : « Nous vivons à une époque où les choses inutiles sont devenues nos seules nécessités ». Mais permettez moi de vous demander : est-ce qu’avoir la moindre pensée ou vidéo publiée instantanément, même si elle est raciste ou criminelle, vraiment une nécessité ? Bien sûr que non.

Le tireur qui a massacré des musulmans en Nouvelle-Zélande a diffusé en direct son atrocité sur Facebook, où ça s’est ensuite propagé sur Internet et a été vu certainement des millions de fois. C’était un « snuff movie », diffusé pour vous par les réseaux sociaux. Pourquoi ne peut-on pas avoir un délai afin que ces saletés traumatisantes peuvent être arrêtées avant d’être publié en premier lieu ?