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Design is Capitalism

Je suis tombé sur cette conférence de Jennifer Daniel via un tweet de Mike Monteiro que j’avais en favori depuis 2015. Et j’ai beaucoup aimé. Elle est drôle, brute mais avec un message nécessaire que j’ai rarement entendu. Elle commence en commentant une vidéo d’Invision qui présente le métier de designer (à 4:00).

Je ne suis pas choquée par ces gens. Je suis choquée par la façon dont ils parlent. Ils ou elles parlent au nom de sociétés riches, bien installées. Ils parlent de design comme si c’était intrinsèquement une bonne chose. Le design n’est pas bon en soi. En fait, le design est neutre.

Donc quand vous parlez de design… Le design n’est pas une philosophie. Le design n’est pas une révolution. Le design n’est pas une cause. Le design est neutre.

Donc quand des designers parlent au nom de sociétés influentes et qu’ils ou elles prophétisent le design comme une solution aux problèmes du monde, il est important de reconnaître que lorsqu’ils disent « design », ce qu’ils veulent vraiment dire c’est « argent ». Ils parlent d’argent. Ils ne parlent pas de design. […]

Cela ne veut pas dire que le design ne peut pas améliorer les choses. Il n’y a aucun mal à avoir des aspirations à faire la différence. Mon problème c’est à quel point les designers sonnent faux ces derniers temps. Et je n’arrive pas à comprendre comment on est devenu aussi vaniteux.

Sa citation à 9:40 en est une parfaite illustration. Elle poursuit (à 11:40) :

Les designers sont devenus une parodie d’eux-même sans le savoir. Ce n’est pas en faisant un panneau en lettrage à la main pour un sans-abri que vous aiderez des gens dans le désespoir.

Un panneau pour sans-abri designé en lettering

Personne n’aura jamais autant besoin de se moquer des designers plus efficacement que des designers. Parce qu’il nous manque la capacité de comprendre à quel point nous nous comportons de manière hilarante.

 

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Left to our own devices.

Ethan Marcotte, dans un article sur l’importance d’un device lab au cours du développement et pas seulement en phase de recettage :

Votre site web est seulement aussi fort que le plus faible des appareils sur lesquels vous testez.

Je n’avais jamais réussi à formuler ça comme ça, mais c’est vraiment exactement ça aussi dans le monde de l’intégration d’e-mails. Quoi que vous fassiez, il y aura toujours quelque chose qui ne fonctionnera pas quelque part. Rien ne fonctionne partout. Tout n’est qu’un jeu de construction à base de dégradation gracieuse et d’amélioration progressive.

It’s What You Make, Not How You Make It.

Vu sur Twitter, cet article intéressant qui évoque l’éducation de l’importance de HTML et CSS. L’auteur y importe son point de vue intéressant, et son expérience où il estime inefficace de décrier telle ou telle technologie.

Pour moi, peu importe que vous écriviez votre HTML et vos CSS à la main ou que vous utilisiez du JavaScript pour les générer à votre place. Ce qui compte, c’est le résultat, comment c’est structuré, et comment c’est servi au client. Quand on permet à nos outils de primer sur la qualité de notre résultat, le Web entier en souffre. Les sites sont susceptibles d’être peu accessibles, peu performants, et de souffrir d’une sémantique pauvre.

The Mother of Internet

Yahoo! Japan a mis en ligne en mars dernier une page qui retrace l’histoire du Web. C’est bourré de centaines de références à plein de sociétés et technologies. C’est absolument gigantesque (la page fait plus de 30 Mo). Pour archivage, j’en ai fait une version statique : 23 Mo en 1920px de large, 4 Mo en 640px de large.

OK Go : How to find a wonderful idea

Je suis généralement enchanté par les clips d’OK Go (comme celui avec les chiens ou celui en apesanteur). Et ce TED Talk où ils expliquent comment ils trouvent toutes ces idées est vraiment bien, tant sur le fond que la forme.

J’aime particulièrement ce passage (à 7:24) :

Avec ces vidéos, on cherche ce sentiment qu’est l’émerveillement. Il y a toujours une part de surprise à l’émerveillement. Donc on ne cherche pas seulement de bonnes idées, on cherche de bonnes idées qui nous surprennent d’une manière ou une autre. Et cela pose un problème, car le processus qu’on utilise tous pour faire des trucs a une grosse tendance à être contre les idées surprenantes.

Le processus dont je parle est celui que vous connaissez tous, on le fait tout le temps. Vous pensez à une idée. Vous réfléchissez à votre brillante idée et vous parvenez à un plan pour que cette idée se réalise. Et quand vous avez ce plan en tête, vous revenez et revérifiez votre idée de base et peut-être vous la modifiez. Et vous faites des aller-retours come ça entre l’idée et le plan, le plan et l’idée, jusqu’à ce que finalement vous arriviez à un plan vraiment bon. Et une fois que vous avez ça, et seulement là, vous pouvez sortir et mettre en marche l’exécution. C’est un système infaillible pour maximiser vos ressources parce que c’est peu coûteux. Réfléchir coûte en général très peu. Mais exécuter coûte très cher la plupart du temps. Donc le temps que vous y arriviez, vous devez vous assurer que vous êtes bien préparé et que vous pouvez tirer profit au maximum de ce que vous avez.

En comparaison, c’est assez pertinent pour un projet Web.