En 2016, j’ai fait ça.

L’année 2016 se termine. Et en voyant d’autres rétrospectives, j’avais envie de faire la mienne. Alors en 2016, j’ai fait ça.

9 articles

J’ai écrit et publié trois articles sur ce blog ici présent :

Et six articles sur mon blog dédié à l’intégration d’e-mails :

Je suis assez content d’avoir pu partagé plus d’articles liés à mes recherches sur l’intégration d’e-mails, et moins d’articles subjectifs et polémiques. Je préfère me battre pour des sujets qui peuvent enrichir tout le monde plutôt que débattre sur des sujets où personne n’a rien à gagner.

10 articles en anglais

En 2016, j’ai commencé à traduire certains articles en anglais. J’ai commencé par une traduction de mon article sur Super Mail Forward, un e-mail transférable évolutif que j’ai fait en 2015, en me disant que ça pourrait amuser deux ou trois personnes. Et ça a cartonné. L’article s’est retrouvé en une de Hacker News et /r/webdev. À ce jour, il comptabilise 61 000 vues (pour 28 000 lectures selon Medium). Autant dire que ça a été un excellent moteur pour me motiver à traduire des articles tout au long de l’année.

J’ai choisi de publier mes articles en anglais sur Medium. C’est un peu par curiosité, mais surtout par satiété de gérer moi-même mon propre blog. Je préfère consacrer mon temps sur le fond (écrire des articles) plutôt que sur la forme (écrire et maintenir un thème WordPress). Alors autant dire que je déteste Medium. Je trouve son éditeur insupportable (surtout quand on veut mettre en forme du code), et je suis constamment frustré de ne pas pouvoir donner la mise en forme que je souhaite à mes articles. Pour autant, ces inconvénients ne surpassent pas la contrainte du temps nécessaire à la gestion de son propre blog sur son propre hébergement. Et donc pour l’instant ça me convient très bien comme ça. J’ai quand même fait en sorte d’avoir mon propre domaine associé à Medium, histoire de ne pas perdre mon référencement si je décide de partir.

L’article sur la technique des Fab Four a connu aussi un grand succès avec 61 000 vues (pour 20 000 lectures selon Medium). Mais surtout il a été partagé par Smashing Magazine, CSS Tricks, Sara Soueidan, Mike Riethmuller, et plein d’autres gens que j’admire et apprécie. Le contenu de mon article a même été repris dans des conférences, par exemple par Vitaly Friedman, un mec en Ukraine ou Kevin Mandeville à dotCSS. Et cet été, j’avais justement été contacté par ce dernier.

3 conférences

Je m’étais promis de mettre un peu le holà sur les conférences cette année. Et j’ai presque réussi jusqu’à ce que Kevin Mandeville m’invite à participer à l’Email Design Conference organisée par Litmus. C’est le genre d’invitation qui ne se refuse pas. Et si j’aurais rêvé de pouvoir voyager jusqu’aux conférences de Boston ou San Francisco, pour des raisons pratiques et logistiques, j’ai été sage et j’ai participé uniquement à celle de Londres.

C’était vraiment un chouette évènement, et c’était agréable de ne connaître (presque) personne. Les discussions et les rencontres n’en ont été que plus riches. Pour la première fois, je m’étais aussi entraîné un peu plus sérieusement en faisant une première présentation à CSS Paris sur ce qui devait être juste une partie de ma présentation à Londres. Ça m’a notamment permis de réaliser que je tenais trente minutes sur ce qui ne devait pas m’en prendre plus de quinze, et donc d’ajuster ma présentation en conséquence. J’ai eu le plaisir de redonner la même présentation à Lille en fin d’année.

4 formations

Cette année, je me suis aussi lancé dans la formation (toujours sur l’intégration d’e-mails), notamment via Alsacréations et Clever Institut. Si la première s’est faite un peu dans la douleur, je suis vraiment content du programme et des exercices que je propose maintenant. C’est vraiment intéressant de travailler sur une formation, de l’ajuster et l’enrichir en fonction des retours de chaque participant. C’est aussi intéressant de pouvoir y introduire des notions d’accessibilité à un public de professionnels parfois pas du tout averti.

Ce que je n’ai pas fait

Même si j’ai fait pas mal de choses en 2016, il y a aussi plein de choses que je n’ai pas faites. Par exemple :

  • Écrire un livre sur l’intégration d’e-mails.
  • Faire une chaîne Youtube pour parler du Web.
  • 24 jours de web. Même si je suis très content de la tournure qu’a pris #nowwwel, j’ai quand même un petit pincement au coeur de ne pas avoir réussi à mettre en place une nouvelle édition cette année.
  • Mettre à jour le site de ma boîte. Un site non responsive qui date de 2008 avec du texte en taille 11, ça fait tâche.

J’espère avoir un peu de temps pour démarrer ces projets en 2017. Bonne année à tous !

« La chose la plus méconnue à propos de mon travail »

La chose la plus méconnue à propos de mon travail, c’est que je travaille avec des gens, plein de gens, tout le temps. J’avais vraiment l’idée préconçue qu’un développeur c’était quelqu’un qui était anti-social, ce qui est clairement pas le cas.

Annie-Claude Côté, développeuse de logiciels principale chez Shopify, dans une vidéo de présentation de son métier « pour encourager les jeunes filles à aller dans le domaine des tech ».

Laissez mon sexe tranquille

Depuis un peu plus d’un an, je suis papa. Pendant la grossesse, on avait décidé avec madame de ne pas connaître le sexe du bébé. C’est un choix pas si courant qui nous convenait bien. Mais je me suis rendu compte à quel point la question du sexe d’un futur enfant semblait importante pour tout le monde. « C’est une fille ou un garçon ? » était la deuxième question que j’entendais le plus souvent, juste après « C’est prévu pour quand ? » et juste avant « Non mais vous êtes stupides pourquoi vous ne voulez pas savoir ? ». Souvent, les gens souhaitaient savoir pour offrir un cadeau, ou juste par curiosité. Je me suis rendu compte à quel point, avant même notre naissance, notre sexe était déterminant. Et c’est parfois le cas dans les interfaces que l’on conçoit ou que l’on utilise.

Le mois dernier, j’ai assisté à une conférence marketing où il était présenté fièrement une application de suivi de grossesse permettant de personnaliser la couleur de l’interface.

[Parmi les facteurs clés de succès de notre application], il y a tout d’abord une qualification progressive. On demande un minimum de renseignements à l’inscription. Et à chaque fois qu’on demande un renseignement à la maman, c’est avec la création de valeurs. Par exemple, dire « est-ce que c’est une fille ou un garçon » pour configurer l’appli dans un mode rose ou bleu.

J’ai failli tomber de ma chaise en entendant ce cliché. Je suis vraiment mal à l’aise avec le fait d’associer une couleur au sexe d’un individu.

Je crois que la meilleure illustration à ce sujet est celle de Cy Chase (refaite plus tard par Kristen Myers, sans attribution, ce qui a causé toute une histoire comme je les aime).

How to tell if a toy is for boys or girls. A guide. Do you operate the toy with your genitals ? No -> It is for either boys or girls.

Comment dire si un jouet est pour les garçons ou pour les filles. Un guide.
Est-ce que le jouet s’utilise avec vos parties génitales ?
Oui : Ce n’est pas pour les enfants.
Non : C’est aussi bien pour les garçons que les filles.

Est-ce qu’une couleur a un rapport avec vos parties génitales ?
Oui : Vous devriez aller voir un docteur.
Non : C’est aussi bien pour les garçons que les filles.

La personnalisation de la couleur d’une application est une option intéressante. Mais elle ne devrait pas se faire de manière automatique en fonction du sexe déclaré par l’utilisateur. Une meilleure option serait de laisser à l’utilisateur le choix de la couleur, indépendamment de tout le reste.

En clair, on ne suppose pas quelque chose en fonction du sexe de quelqu’un.

Je rencontre parfois des suppositions de ce genre dans certaines newsletters ciblées homme ou femme. En m’étant inscrit à une newsletter et en ayant précisé ma civilité, on m’attribue automatiquement une newsletter avec des vêtements masculins. Mais je pourrais très bien avoir voulu m’inscrire à cette newsletter en étant intéressé par les vêtements féminins. Juste parce que je suis un homme ne signifie pas que je suis intéressé uniquement par vos produits pour homme. La marque Zara gère ça plutôt bien sur sa page d’inscription à la newsletter en demandant clairement les sections qui m’intéressent.

Le formulaire d'inscription à la newsletter de Zara demande les sections qui m'intéressent.

En 2013, un an avant la présentation de la première Apple Watch, de nombreuses rumeurs suggéraient qu’Apple sortirait deux modèles avec deux tailles d’écrans : « 1,7 pouces pour les hommes et 1,3 pouces pour les femmes ». En septembre 2014, Apple a bien annoncé deux modèles d’Apple Watch dans deux tailles différentes. Mais jamais ils n’ont attribué ces tailles à un sexe.

Capture d'écran du site d'Apple et du choix d'une Apple Watch

Le site d’Apple propose le choix entre un boîtier 38 mm ou 42 mm. À aucun moment n’est associée la taille d’un boîtier et un sexe (même sur la page « Quelle taille de boîtier vous convient le mieux ? »).

Est-ce qu’une montre s’utilise avec vos parties génitales ?
Oui : Rappelez moi de ne jamais vous demander l’heure.
Non : C’est aussi bien pour les garçons que les filles.

Depuis Pokémon Cristal (sorti en 2001 en France), les jeux Pokémon demandent au joueur :

Ceci étant dit… Es-tu un garçon ou une fille ?

Capture d’écran du jeu Pokémon X (sorti en 2013)

Es-tu un garçon ou une fille ?

Le choix influe alors le personnage interprété par le joueur ou la joueuse tout au long du jeu. La phrase est devenue célèbre et a donné lieu à de nombreuses moqueries. Dans Pokémon Soleil et Pokémon Lune, sortis le mois dernier, le jeu a adopté une approche un peu différente.

Finie la demande de sexe, on a désormais droit à une série de photos avec comme question « C’est laquelle ta photo, déjà ? ». Je trouve cette approche beaucoup plus inclusive.

Si l’on ne suppose pas quelque chose en fonction du sexe de quelqu’un, l’inverse est aussi vrai. On ne suppose pas le sexe de quelqu’un en fonction de quelque chose. En août dernier, j’avais retweeté le tweet suivant de Mike Riethmuller :

J’ai rencontré quelqu’un de nouveau dans le développement web qui a appris ce qu’est flexbox avant un clearfix. Juste au cas où vous n’auriez pas réalisé que le web a changé.

Plusieurs réponses à ce tweet supposaient que ce « quelqu’un de nouveau dans le développement web » était un homme (comme ici ou ). Sans aucune animosité, l’auteur du tweet initial prenait le temps de répondre pour préciser qu’il n’avait jamais dit que c’était un homme.

De la même manière, je suis tombé suite à mon dernier article sur ce commentaire de Jenn Schiffer répondant à un de ses articles satiriques.

Brian : J’espère vraiment que quelqu’un de nouveau dans le développement ne tombe pas là-dessus et fasse de lui quelqu’un d’inemployable dans la plupart des sociétés pour vouloir penser un peu trop loin dans le futur.

Jenn : Ou d’elle !

J’aime l’idée que ces genres de petits détails participent à rendre le web (et les milieux tech en général) plus inclusifs. Il y a des hommes qui portent du rose. Il y a des femmes qui portent du bleu. Il y a des hommes aux cheveux longs. Il y a des femmes aux cheveux courts. Il y a des hommes qui se reconnaissent plus comme des femmes. Il y a des femmes qui se reconnaissent plus comme des hommes. Que vous trouviez ça étrange ou que vous soyez à l’aise avec ça ne change rien au fait que cette diversité existe, et que le mieux que l’on puisse essayer de faire est d’en tenir compte.

« No one expects the lady code troll »

Entre deux expériences en ligne bizarres, Jenn Schiffer est l’auteure de CSS Perverts, un blog satirique sur le développement Web. Dans cette conférence (vue sur Twitter), elle partage son retour de l’écriture d’articles techniques satiriques, et surtout les retours parfois violent qu’elle reçoit. C’est vraiment drôle, tant sur le fond que la forme, et ça donne à réfléchir.

Jenn Schiffer, Engineer/Artist - XOXO Festival (2016)

Elle revient notamment sur un tweet de Jeffrey Zeldman dénonçant son article (pris au premier degré) qui déclencha une vague de retours.

À cette époque, peu de gens passaient du temps à se moquer d’à quel point notre industrie est ridicule quand il s’agit de se prendre au sérieux. Ou des ramifications quand vous oubliez que vous avez des centaines de milliers de followers et que peut-être que lorsque vous publiez quelque chose comme ça, les gens vont s’amonceler et en rajouter encore davantage. Beaucoup de gens avec un auditoire, parfois moi-même, restent étrangement inconscients de ce pouvoir.

J’avais déjà raconté une anecdote m’étant arrivée à ce sujet. J’essaie d’appliquer au jour le jour la maxime « Arrêtez de rendre des gens stupides célèbres ». Si je vois un article que je trouve stupide (comme récemment un article présentant comme la bonne façon de faire du responsive en créant des dizaines de points de rupture par appareils, et non par le contenu comme on le rabâche depuis cinq ans), je ne le partage pas. Non pas parce que j’ai la prétention de croire que tout est à jeter, il y a souvent quelque chose d’intelligent même dans l’article le plus naïf, mais parce que je crains la réaction d’autres.

Le reste de sa conférence est vraiment tout aussi bien, sur l’inclusivité dans notre industrie et comment ne pas réagir comme un idiot aux contenus créés par d’autres en ligne.

Sherlock Holmes

Vue sur Reddit, la page affichée par Google Maps si on n’a pas JavaScript.

"When you have eliminated the JavaScript, whatever remains must be an empty page."

When you have eliminated the JavaScript, whatever remains must be an empty page.

En référence à une citation de Sherlock Holmes :

Une fois qu’on a éliminé l’impossible, ce qui reste […] doit être la vérité.

Ça pourrait être un clin d’oeil rigolo si ce n’était pas un triste état des lieux du Web.